du lundi 17 au samedi 29 septembre 2018 : Exposition «Spomenik», LES MONUMENTS OUBLIÉS D’EX-YOUGOSLAVIE

Une exposition des photographies d’Antoine Macé.

Vernissage samedi 22 septembre de 18 à 22 heures.

Le mot “spomenik” signifie en serbo-croate “monuments”.  Des années 1960 aux années 1980, des centaines de ces structures surréalistes et abstraites ont été construites à travers la République socialiste fédérative de Yougoslavie dans le but d’honorer la lutte de résistance du peuple pendant la guerre de libération nationale entre 1941 et 1945 contre l’occupation fasciste de la région ainsi que la révolte menée par l’armée de rebelles et les combattants de Tito.
Les édifices se situent habituellement sur des sommets montagneux et dominaient autrefois le paysage yougoslave. Ils sont aujourd’hui pour les habitants de la région, l’héritage d’une époque révolue ainsi que des témoins de la souffrance et de la colère. 

Les spomenik commémorent non seulement un passé horrible et une victoire ardue contre le fascisme mais ils fonctionnent comme des outils politiques. Ceci est très clairement démontré par le fait que les amphithéâtres de grande taille constituent un élément central d’un grand nombre de ces ensembles commémoratifs. Le but de ces amphithéâtres était de servir de salles de classe extérieures, utilisant les monuments comme moyen de communiquer l’histoire, la mythologie et l’idéologie de la “Yougoslavie socialiste” aux dizaines de milliers d’écoliers qui leur ont été amenés chaque année dans tout le pays par l’initiative de jeunesse politique “Jeunes pionniers” de Tito 

C’est en découvrant par hasard un livre d’images sur les spomenik dans une librairie berlinoise, que j’ai décidé de faire un périple à travers la Croatie et la Bosnie Herzégovine pour photographier et comprendre l’histoire de certains de ces monuments. Mais l’état des routes et l’inexistence de signalétique pour mener au monuments ne m’a pas permis de voir les tous les monuments comme je l’avais prévu. 

Ce projet est dédié à la mémoire, les spomenik, qui autrefois avaient une signification si importante sont aujourd’hui complètement tombés dans l’oubli. des dizaines d’entre eux ont été détruits, abandonnés et négligés durant les années de guerre et de conflits ethniques qui ont ravagé la région des Balkans dans les années 1990. Lors de mon passage, j’ai pu observer que des gerbes étaient parfois déposés aux pieds de certains monuments parfois même très isolés. Certains, comme à Petrova Gora sont démantelés par  habitants des alentours pour récupérer les plaques de Zinc et les matériaux d’isolation. L’abandon complet pour d’autres, là ou la nature reprend ses droits, il ne reste plus que des ruines enfouies sous les broussailles. J’ai été touché par chaque spomenik que j’ai vu. Tous sont comme des épaves d’un autre temps perdues au milieu des forets ou des champs de mines. 

 
Antoine Macé a grandit entre Paris et le Bretagne, après avoir quitté le système scolaire à 16 ans, il part en Grèce et poursuit ses études à distance puis intègre la Freie Universität de Berlin en 2014 où il Etudie l’islam et la langue arabe.

Passionné par la photographie, Antoine s’intéresse aux monuments soviétiques d’Allemagne de l’Est mais aussi aux portraits et aux scènes de vie qu’il photographie lors de ses nombreux voyages en Asie et au Moyen Orient.

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